Editorial de Novembre


Dans la société contemporaine, nous manquons cruellement du sens de la paternité et de la filiation. « Du passé faisons table rase » chantent
les tenants d’une révolution internationale communiste. Nietzsche faisait de l’oubli du passé une des conditions du bonheur. Ainsi, il serait nécessaire de n’être attaché à aucun passé, à aucune histoire, de s’affranchir de toute racine et donc de se voir comme un homme existant par lui-même afin de pouvoir être libre et heureux.

         Cette vision de l’homme continue d’influencer ce que certains appellent la pensée moderne. Ainsi cela justifie l’opposition entre les générations, le déni du passé, voire sa transformation pour les besoins des projets actuels et bien sûr la réaction contre toute autorité en vertu de l’origine (Dieu Créateur), de l’action (la morale) ou du devenir (la vie éternelle). Cela justifie aussi le peu d’intérêt pour nos personnes âgées. S’il n’y a pas de passé, ou s’il faut s’en affranchir pour pouvoir vivre avec bonheur le présent, alors à quoi bon travailler pour la Vie Eternelle puisque le bonheur ne peut être que présent, à quoi bon se soucier de la morale de nos actes, à quoi bon veiller sur nos personnes âgées ?

         Il en est autrement pour un catholique qui sait d’où il vient, créé par Dieu pour L’honorer, Le servir et Le louer, qui sait où il va, vers Dieu et le bonheur éternel. Un catholique a un passé et un avenir. Il reste attaché et lié à ceux qui l’ont précédé et travaille autant pour son avenir que pour l’établissement du règne de Dieu.  

         Ainsi en ce mois de Novembre, en fêtant tous les Saints du Ciel et en priant pour le repos de l’âme des fidèles trépassés, loin de faire de l’oubli une condition de notre bonheur, c’est dans l’union de l’Eglise qui est une, à la fois militante, souffrante et triomphante, dans la considération de notre origine et de notre devenir que nous pourrons nous porter vers notre réel bonheur. « Honore ton père et ta mère afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. » A cet honneur dû non seulement à nos parents mais aussi à tous les membres de nos familles et à nos supérieurs tant spirituels que temporels, qu’ils soient vivants ou trépassés, le Bon Dieu promet déjà en cette vie une participation du bonheur.

         En cette piété familiale, en cet attachement à notre histoire, à nos valeurs et à ceux qui les ont portées, bien que nous soyons en ce monde, nous montrerons efficacement que nous ne sommes pas de ce monde en donnant l’exemple de cet amour de l’honneur, des hommages et des suffrages envers ceux qui sont, vivants ou défunts, nos pairs.

         Que Dieu vous garde, que tous les saints prient pour nous et que l’âme des fidèles trépassés repose en paix.

Abbé Benoît Maître †
Chapelain

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